Des études supérieures peuvent contribuer de manière significative à une intégration professionnelle et sociale durable et s’inscrivent dans les objectifs de l’Agenda Intégration Suisse (AIS). Les hautes écoles ne tiennent pas compte du statut d’asile lors de l’admission. C’est la formation préalable ainsi que les compétences linguistiques qui sont déterminantes. Une fois l’admission obtenue, une préparation ciblée aux études peut alors commencer.

  • Argumentaire en faveur de l'accès aux hautes écoles

    L’Agenda intégration Suisse (AIS) est entré en vigueur en 2019. Son objectif est d’intégrer plus rapidement les réfugié·e·s et les personnes admises à titre provisoire sur le marché du travail et dans la société, et de réduire leur dépendance à l’aide sociale. Avec les programmes d’intégration cantonaux 2024–2027 (PIC 3), l’encouragement à l’accès à l’enseignement supérieur a été pour la première fois explicitement intégrée dans les objectifs des programmes. L’encouragement à l’intégration mis en œuvre par les cantons doit, en collaboration avec les hautes écoles, contribuer à préparer de manière ciblée les personnes issues du domaine de l’asile, possédant les aptitudes nécessaires pour des études supérieures, à l’accès à une formation de niveau tertiaire.

    Pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, l’accent est mis sur le potentiel de la main-d’œuvre en Suisse. Cela inclut également les personnes réfugiées qui, avec une préparation linguistique et technique appropriée ainsi qu’un diplôme de l’enseignement supérieur, peuvent contribuer de manière significative aux besoins en main-d’œuvre qualifiée.

    Les personnes titulaires d’un diplôme d’enseignement supérieur ont nettement moins souvent recours à l’aide sociale. Si l’entrée sur le marché du travail est effective après les études, les chances d’accéder à une autonomie financière à long terme augmentent considérablement.

    En revanche, sans diplôme reconnu en Suisse, l’accès au marché du travail se limite souvent à des emplois aux salaires majoritairement bas. Les faibles revenus qui en résultent peuvent conduire à devoir recourir à l’aide sociale pendant une période prolongée, malgré l’exercice d’une activité lucrative.

  • Admission aux études

    En Suisse, chaque haute école décide de manière autonome de l’admission à ses cursus. Il n’existe pas d’instance centrale chargée de la reconnaissance des diplômes de formation générale du niveau secondaire II (par exemple, la maturité gymnasiale). Les établissements d’enseignement supérieur examinent donc eux-mêmes les diplômes étrangers et décident d’une admission au cas par cas.

    Le titre de séjour ne joue en principe aucun rôle dans l’admission. L’accès aux hautes écoles est ouvert à toutes et tous, quel que soit le permis de séjour.

    Formation préalable requise

    Pour être admis·e dans un cursus de bachelor, il faut en règle générale un diplôme de fin d’études secondaires reconnu comme équivalent à la maturité gymnasiale suisse. Comme ce n’est pas le cas pour les diplômes obtenus dans de nombreux pays dont les personnes réfugiées sont originaires, les hautes écoles exigent souvent des qualifications supplémentaires. Il est souvent nécessaire de justifier d’un cursus de bachelor déjà entamé ou achevé ou d’une formation universitaire comparable.

    Exigences linguistiques

    Outre les diplômes formels, des connaissances linguistiques suffisantes constituent une condition d’admission essentielle. Selon l’établissement et la filière, des connaissances linguistiques comprises entre les niveaux B1 et C2 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) sont exigées.

    Voies d’admission alternatives

    Si les diplômes de formation antérieure ne suffisent pas pour une admission directe, l’examen complémentaire ECUS est une alternative. Le contenu de cet examen correspond à celui de la maturité suisse. En cas d’obtention, il ouvre l’accès à des études dans une haute école. L’examen ECUS est exigeant et coûteux (coût total de l’examen : 1 060 CHF). L’inscription s’effectue par l’intermédiaire d’une haute école, et l’admission n’est en principe valable que pour la haute école ayant lancé la procédure.

    L’examen de maturité suisse permet d’accéder à une haute école sans avoir été scolarisé·e au préalable dans un gymnase. Cet examen peut être préparé de manière autonome mais les personnes peuvent aussi bénéficier du soutien d’une école privée de préparation à la maturité. Les examens sont organisés par le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Deux sessions d’examens ont lieu chaque année dans chacune des trois régions linguistiques. Les frais d’examen s’élèvent à 570 CHF.

    La réussite à l’examen de maturité permet d’être admis·e dans toutes les hautes écoles suisses. À noter qu’un mémoire de maturité doit également être remis lors de l’inscription. Comme pour l’examen ECUS, des connaissances de base dans une deuxième langue nationale sont requises. Ces deux examens sont très exigeants et constituent un obstacle considérable pour de nombreuses personnes souhaitant poursuivre des études.

    Par ailleurs, certaines hautes écoles proposent des voies d’admission alternatives pour les personnes ne disposant pas d’une maturité reconnue. Il s’agit par exemple de procédures d’admission spéciales comprenant des conditions spécifiques, telles qu’un âge minimum ou une expérience professionnelle, ou des examens d’entrée. Orientation.ch propose un aperçu de ces procédures d’admission spéciales.

    Pour les réfugié·e·s et les migrant·e·s qualifié·e·s, une admission « sur dossier » ou la réussite d’une formation passerelle peut également permettre d’accéder à des études supérieures.

    Informations complémentaires

    Il est recommandé aux personnes titulaires d’un diplôme étranger qui souhaitent entreprendre des études de prendre contact suffisamment tôt avec l’établissement d’enseignement supérieur de leur choix. Les décisions d’admission étant prises au cas par cas, un refus de la part d’une haute école n’exclut pas automatiquement une admission dans un autre établissement.

    swissuniversities met à disposition un aperçu des conditions d’admission par pays d’origine.

  • Préparation aux études

    Pour bien démarrer ses études, une planification précoce et minutieuse est indispensable. Si certaines étapes peuvent être préparées de manière autonome par les réfugié·e·s et les migrant·e·s souhaitant faire des études, d’autres nécessitent un accompagnement étroit de la part du service chargé du dossier. Les professionnel·le·s doivent notamment clarifier dès le début avec les futur·e·s étudiant·e·s les questions relatives au calendrier, au financement, à la préparation linguistique ainsi qu’au logement et aux conditions d’études.

    • Planification dans le temps : dans un premier temps, il s’agit de coordonner les différentes échéances et conditions requises. Une planification précoce permet d’éviter les retards dans le démarrage des études. Cela comprend notamment :
      • l’obtention des certificats de langue requis,
      • le justificatif d’expérience professionnelle en lien avec la discipline, pour les hautes écoles spécialisées, le cas échéant,
      • les dates limites de candidature pour les offres de soutien des hautes écoles et les cursus réguliers, et
      • les dates limites de candidature pour les bourses cantonales.

     

    • Définition du financement : un financement assuré permet de réduire la pression pendant les études et favorise ainsi la réussite universitaire. Il convient donc de définir, avant même le début des études, comment les frais de subsistance et de formation pourront être financés. Selon la situation individuelle, on peut par exemple envisager des bourses, l’aide sociale, des forfaits d’intégration ou des contributions de fondations. Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet ici.

     

    • Préparation linguistique : des connaissances linguistiques suffisantes constituent une condition essentielle à la réussite des études. Dans la mesure du possible, l’apprentissage de la langue devrait s’effectuer dans le cadre des offres de soutien des hautes écoles ou de cours de langue dispensés dans les établissements d’enseignement supérieur. Ces offres permettent non seulement d’acquérir le vocabulaire spécialisé nécessaire aux études, mais aussi de se familiariser rapidement avec le quotidien universitaire et d’échanger avec d’autres étudiant·e·s.

     

    • Validation des acquis universitaires : si des études ont déjà été entamées ou achevées dans le pays d’origine des personnes, il est parfois possible de faire valider certains acquis. La reconnaissance doit être examinée le plus tôt possible avec la haute école, idéalement avant même le début des études.

     

    • Situation de logement et de mobilité : en particulier pour les hautes écoles situées en dehors du canton de résidence, il convient d’examiner suffisamment tôt le financement des frais de déplacement et de déterminer un délai raisonnable pour les trajets quotidiens. Un changement de canton n’est souvent pas possible pendant les études. Lorsque les futur·e·s étudiant·e·s vivent encore dans un logement collectif, les conditions ne sont souvent que très peu propices aux études. Il est donc recommandé d’envisager un déménagement dans un logement privé le plus tôt possible et d’identifier, en parallèle,  d’autres lieux dans lesquels les personnes peuvent étudier, comme par exemple des bibliothèques, des centres d’étude ou d’autres espaces de travail calmes.

     

    • Intégration sociale à la haute école et recours aux offres de soutien internes : même en cas d’admission directe aux études hors participation à un programme préparatoire, il est recommandé de prendre contact dès que possible avec les offres de soutien destinées aux réfugié·e·s au sein de la haute école choisie. Ces services fournissent des informations sur les aides disponibles, telles que le mentorat, l’orientation universitaire, le soutien à l’apprentissage ou les possibilités de mise en réseau. Vous trouverez ici un aperçu de ces offres. Si une haute école ne propose pas d’offre de soutien spécifique aux personnes réfugiées, il peut être utile de prendre contact avec les associations d’étudiant·e·s, les cercles étudiants ou d’autres organisations estudiantines.

     

    De nombreuses hautes écoles proposent des mesures qui facilitent le démarrage des études et favorisent la réussite universitaire, en particulier lors de la phase initiale. Il s’agit par exemple de séances d’orientation, de tutorats, de mentorat, d’ateliers d’apprentissage ou de services de conseil. swissuniversities met à disposition un aperçu des offres proposées par les hautes écoles (voir « Mesures pour les étudiant·e·s durant la phase d’étude initiale »).

     

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